9 novembre - 23 décembre 2006 : Dom GARCIA Fabian VAN SEVEREN ''In & Off''

Exposition présentée dans le cadre du mois de la photo « Off » à Paris

Design : Fabiaan Van Severen

Photographies : Dom Garcia


La confrontation de ces deux univers, l’un, celui du designer, qui travaille sur les formes intérieures et les volumes de l’habitat et du mobilier jusqu’à l’esquisse et l’épure ; et l’autre, celui du photographe qui revisite les formes du périphérique de Paris avec des photographies d’immeubles qui enregistrent et accumulent les signes de l’époque des années 60 jusqu’à aujourd’hui.

Les deux visions se croisent et se répondent : le designer belge minimaliste rend palpable l’essence même de l’objet et de sa création ; le photographe métamorphose la photo documentaire en portrait et fait surgir dans leur singularité les constructions improbables qui jalonnent l’enceinte de nos villes. Entre ces deux mondes se tissent ainsi des affinités ; au travers de multiples échos le quotidien se donne à saisir dans cette double réduction artistique à l’essentiel.


​« IN », ainsi, comme Intérieur avec les meubles dessinés par Fabiaan van Severen, architecte et designer belge qui présente pour la première fois à Paris sa table Y, influencé vraisemblablement par le travail de son père le peintre abstrait Dan Van Severen. Chez Fabiaan Van Severen, qui a commencé à créer des meubles dans les années 80, les lignes pures vont de pair avec un grand confort et une beauté plastique manifeste.

Ses meubles sont dominés par une fonctionnalité qui donne libre cours aux lignes droites et courbes mais l’homme reste le point fixe de départ et d’arrivée de ses créations. La perfection des formes, des lignes claires, des volumes purs, naît en effet de cette étroite relation entre l’utilisateur et l’environnement. Le style de ce designer belge dépasse le seul minimalisme : ses meubles ouvrent sur une vision chaleureuse de l’intérieur.

La maturité invisible de tous les détails de la construction et de l’esthétique, le sens des proportions offrent en effet à l’espace sa juste mesure d’humanité et d’objectivité.

Van Severen montre dans cette exposition ses deux dernières créations : la collection de chaises « Fab » en version Médium et Small ; un petit fauteuil et une chaise avec une assise en forme de coquille en polyétylène et acier inoxidable et la table Y en bois noirci et pièces de montage en acier inoxidable. Cette table résume le travail dans lequel Fabiaan Van Severen s’est engagé depuis déjà plusieurs années : une recherche non seulement formelle mais également matérielle en faisant le choix de matériaux écologiques et de techniques de montage inventives lié à un souci constant de la pureté des formes, d’une intégration harmonieuse et discrète de son mobilier à l’environnement.


OFF comme Extérieur avec les photographies de Dom Garcia, qui depuis 2002, arpente la périphérie de Paris.

Ce travail réalisé en numérique où Dom Garcia tire les portraits de ces immeubles de bureaux ou d’habitations, qui depuis les années 60 ont remodelé le paysage urbain, la tour Nobel (1966) à la Défense, la tour Adria (2002) ou encore les tours nuages de Aillaud…

Le regard de Dom Garcia restitue le surréel. Les structures aux arêtes définies de l’architecture redeviennent malléables, recomposables. Dom Garcia n’intervient sur ses photos que très légèrement afin de redresser grâce à l’informatique la perspective des immeubles ou d’effacer de l’image, l’anecdotique. En revanche, il ne retouche pas les couleurs si caractéristiques de son travail.

Ces images numériques ont toutes été prises la nuit. Les tons saturés sont le seul fait de l’éclairage urbain et des longs temps de pose. Paradoxalement, c’est de l’obscurité nocturne que jaillit la couleur. La nuit ouvre ainsi sur un espace de liberté au sein des contraintes des villes qui retrouvent ainsi leur part de magie, Babylones du XXIème siècle.

Le paysage urbain est subtilement redessiné en portrait et ces grands paquebots naufragés sur les icebergs de la périphérie, nous racontent une foule d’histoires humaines. Dans ces nouvelles « pyramides » divers mondes se côtoient ou s’affrontent : la vitesse du circuit périphérique se heurte à l’immobilité des lignes et des masses. Le sommeil des immeubles est assailli par les activités voisines, chaotiques et bruyantes. Au cœur de ces tensions naît une âme particulière qui nous fait percevoir un autre espace, celui de l’intérieur, du « In ».