14 mai - 11 juillet 2009 : ANTON ''Bestiaire''


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"Ménagerie de verre", est le nom que l’on pourrait donner à ce nouveau travail photo argentique. Anton a en effet choisi des éclats de verre pour fixer les images de son monde animal.

Bestiaire

Sur des morceaux de verre apparaissent des animaux. Cela fait penser aux premiers clichés photographiques réalisés sur des plaques de verre ou aux daguerréotypes, à des photos anciennes qu’on aurait retrouvées dans des fouilles ou dans un grenier. Ces silhouettes animales semblent passer derrière des vitres comme des fragments de souvenirs d’enfance. Un éléphanteau, des corbeaux, une girafe, des autruches, un rhinocéros, des demoiselles du Nil … Gracieux, drôles, beaux ou étranges, surpris dans leurs positions parfois les plus familières, ils sont très touchants.

Anton a toujours aimé les animaux. Enfant solitaire, en Ethiopie où il a vécu, il préférait leur compagnie à celle des humains. Vivant à présent entre Paris et Athènes, dont il est originaire, c’est au hasard de ses pérégrinations qu’il a photographié ce bestiaire.

Artiste, Anton a une perception particulière des paysages et du monde qui l’entoure. Il nous fait partager ce regard à travers ses œuvres. Bâtiments industriels, paysages de pierres, animaux, personnages et beaucoup d’autoportraits dans lesquels, il a quelquefois des ailes ou des plumes, ou bien il arbore un faux nez de volatile dans une position identique à l’oiseau qu’il tient dans sa main. Si Anton s’est pris comme modèle, c’est pour traquer plus facilement des attitudes. En observant celles des hommes comme celles des animaux, son regard va toujours à l’essentiel et mélange de façon subtile et diffuse, un peu de dérision et d’humour. Discret, peu disert, Anton regarde parfois ailleurs comme s’il cherchait une fenêtre ouverte pour s’envoler en douce.

Dans l’espace intimiste de la galerie Sit Down, il a accroché de manière poétique ses photos argentiques qu’il a tirées selon une technique inattendue et singulière, sur des bouts de verre ordinaire, aux angles cassés. Cette étonnante galerie de portraits d’animaux en noir et blanc, cadrés très simplement, dans de très belles lumières, semble surgir en transparence comme par magie.

Catherine Ardouin, journaliste