29 janvier - 19 mars 2011 : Sacha VAN DORSSEN ''Si c'était...''


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Vue de l'exposition "Si c'était..." de Sacha Van Dorssen

Vue de l'exposition "Si c'était..." de Sacha Van Dorssen

Vue de l'exposition "Si c'était..." de Sacha Van Dorssen

Si Sacha était une couleur, un animal, une métaphore, l’élégance...
Parallèlement à l’exposition « Sacha, photographe de mode » à l’Institut Néerlandais, la galerie SIT DOWN présente, à travers une sélection de photographies de l’ensemble de son œuvre et pour la plupart exposées pour la première fois, un portrait très personnel de cette photographe réservée et discrète afin de mieux découvrir, celle, dont on pourrait dire, qu’elle est presque sage comme une image...

Je ne sais exactement pour quelles raisons, mais j’ai toujours regardé avec un certain intérêt la photographie de mode et de publicité. Et, entre autres, feuilleté dans le passé les pages du magazine Marie Claire. J’ai vite associé le nom de Sacha à des séquences d’images dont l’atmosphère et le style tranchaient nettement dans ce magazine avec celles d’autres photographes comme Paolo Roversi, Peter Lindbergh ou Steve Hiett. Il me semblait d’ailleurs que ce n’était pas dans l’intention de Sacha de se forger un style à proprement parler et qu’elle était en fin de compte plus proche du reportage que de la mise en scène ; même si ses images, qui passaient pour très spontanées et naturelles, devaient certainement être préparées avec beaucoup de minutie.

Récemment, à l’occasion d’une exposition que Françoise Bornstein présentait dans sa galerie, j’ai rencontré pour la première fois Sacha. J’ai mis alors un visage, un regard et une voix sur des images. J’ai découvert également qu’elle était hollandaise, son prénom ne le laissant pas deviner. Et je ne m’expliquais pas pourquoi l’ensemble de son travail n’avait pas fait jusque-là l’objet d’une exposition ou d’un livre. Avant d’entrer dans son atelier, je ne mesurais d’ailleurs pas toute l’étendue de cette carrière, pensant qu’elle se résumait à Marie Claire et à des campagnes publicitaires. J’ai donc envisagé de lui proposer un projet associant exposition et livre. À mon sens, l’Institut Néerlandais se devait de rendre hommage au travail d’une concitoyenne si productive et la directrice des éditions du Chêne, Fabienne Kriegel, qui m’avait donné l’occasion de faire un livre avec Peter Knapp, ne pouvait qu’être sensible aux images d’une personne ayant commencé sa carrière en grande partie grâce au légendaire directeur artistique du journal Elle.

Si aujourd’hui Sacha n’est guère connue de la jeune génération, c’est parce qu’elle s’est entièrement vouée à son travail pour les magazines de mode et la publicité, sans chercher à être considérée autrement que comme une photographe d’« art appliqué » - pour reprendre une formule de Peter Knapp - ; ni sans doute à attirer l’attention sur sa personne. Sa nature réservée ne signifiant pas pour autant qu’elle a vécu isolée du monde : son carnet d’adresses témoigne des nombreux liens qu’elle a tissés avec le monde de la mode. Et puis la photographie qu’elle a pratiquée avec une étonnante constance, et qu’elle pratique toujours, évolue hors des courants qui s’affichent aujourd’hui. Certains disent que l’on reviendra un jour à cette photographie sans artifices, d’autres soulignent que les images de Sacha ont quelque chose d’intemporel.

Quoi qu’il en soit, l’hommage que lui rend aujourd’hui Françoise Bornstein, par le biais d’un portrait en images qui ne peut être dessiné que par quelqu’un la connaissant bien, ne cantonne pas Sacha au seul rôle de photographe de mode. Il dit la justesse de son regard autant que l’aisance avec laquelle elle passe d’un plan ou d’un sujet à l’autre ; et bien des qualités encore. Cet accrochage original se conjugue avec l’exposition de l’Institut Néerlandais et le livre des éditions du Chêne, et toute cette attention portée à Sacha n’est qu’un juste retour des choses.

Gabriel Bauret

* en partenariat avec le laboratoire DUPON



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View of the exhibition "If it was..." of Sacha

View of the exhibition "If it was..." of Sacha

View of the exhibition "If it was..." of Sacha




If Sacha were a colour, an animal, a metaphor, elegance…
Coinciding with the exhibition « Sacha, fashion photographer » at the Dutch Institute in Paris, the SITDOWN gallery will put on view a very personal portrait of this reserved and discreet artist through a selection of photographs taken from her work as a whole, most of which will be shown for the first time in order to better discover the meanings behind her works which may be described as elegant as the photographer herself.

I don’t know why or for what reason, but I have always held a certain interest in fashion photography and its adverts, in addition to flicking endlessly through the pages of the magazine Marie Claire.

I quickly began to associate the name Sacha with the sequences of images in this magazine whose atmosphere and style contrast sharply with those of other photographers, such as Paolo Roversi, Peter Lindbergh or Steve Hiett. I also felt that it was not in Sacha’s intention to form a style per se, and that in actual fact she was ultimately closer to the story than the staging of her photographs; even if her images, which evoke a sense of spontaneity and naturalism, were certainly planned to the smallest detail.

Recently, I met Sacha for the first time for the exhibition organised by Françoise Bornstein in her gallery. It was only then that I matched a face, a glance and a voice to the photos. I also discovered that she was Dutch, which her first name does not reveal. I could not understand why the collective of her work had not, up to this point, been the focal point of an exhibition or a book. Before visiting her workshop, I had yet to measure the full extent of her career, presuming that it consisted of Marie Claire and advertising campaigns. So, I planned to propose a project involving an exhibition and a book. In my view, the Dutch Institute had to pay tribute to the work of such a productive Dutch woman and the director of the Editions du Chêne, Fabienne Kriegel, who had offered me the opportunity to do a book with Peter Knapp, could not help but be touched by the images of a person whose carrier had began largely thanks to the legendary artistic director of Elle.

If Sacha is rarely recognised amongst the young generation today, it is entirely due to her devotion to her work for fashion magazines and advertising, without searching for anything other than to be considered a photographer of « applied art » - as Peter Knapp suggests-; perhaps it was simply to avoid drawing attention to herself. Her reserved nature does not mean that she lives a life isolated from the world around her; her address book confirms her many networks in the fashion world. And her photography which she has always practiced with great constancy and which she continues to, evolves far beyond the mainstream of today. Some claim that one day we will return to this style of an unadorned photography, whilst others consider Sacha’s photos as timeless.

Whatever it may be, Françoise Bornstein pays tribute to Sacha, by means of a collective of images that could only have been put together by someone who knows her very well and further, does not confine Sacha to the sole role of fashion photographer. They say that her eye for accuracy as much as the ease with which she switches from one subject to another, are just few of her many talents. This original exhibition, coupled with the exposure at the Dutch Institute and with the books, “Éditions du Chène”, finally awards the attention that Sacha has always deserved.

Gabriel Bauret

*In partnership with the laboratory DUPON