6 décembre 2012 - 4 janvier 2013 : Laura VASCONI ''Merry Christmas''

TELECHARGER LE COMMUNIQUE DE PRESSE

> Voir les oeuvres de Laure Vasconi




Au moment de Noël à Los Angeles, ce ne sont pas seulement les sapins qui sont décorés de lumières scintillantes mais des rues entières. De la Saint Nicolas à l’Epiphanie, la galerie SIT DOWN dévoile, pour la première fois en France, “Merry Christmas” de Laure Vasconi, ses photographies mettant en scène les traditionnelles décorations de Noël qui illuminent les banlieues de Los Angeles.

La série, réalisée en 2001 puis 2011, a été présentée l’année dernière au Kunsthal Museum de Rotterdam. Laure Vasconi nous invite à plonger au cœur de ces banlieues américaines qui offrent de spectaculaires décorations lumineuses pour les fêtes de fin d’année.

C’est par une approche graphique et une touche poétique que la photographe nous propose ces portraits de maisons étincelantes que l’on pourrait croire extraites d’un conte de Noël et dans lesquelles l’architecture disparait dans l’ombre pour laisser se déployer ces constellations urbaines s’apparentant parfois même à des compositions abstraites. Dans ces clichés, se confrontent la féérie de Noël à une atmosphère étrange, les maisons surgissent de l’obscurité et le réel semble parfois basculer dans la fiction. L’absence de figure humaine dans les paysages confère à la série une dimension fantomatique.

Dans les images de Laure Vasconi, (pas devant comme un regardeur mais bien dedans, comme un infiltré) je retrouve toujours l’énigme de la représentation, l’étrangeté et l’incertitude du réel. Est-ce joué ? Est-ce achevé ? Non bien sûr, mais que faire de ces indices, sont-ils un incipit ou la lente extinction de la dernière image avant le mot fin ? Le plus évident n’est-il pas un pur leurre ? Le plus insaisissable, filé entre reflets, lumières passantes, mouvements et effacements n’est-il pas le plus vrai ? Le fugace peut durer plus longtemps que l’éternité qui n’a pas de durée et le masque peut révéler davantage que la mise à nu. 
Dans ses images, comme dans celles précédentes d’ombres familières sorties de quelques films, d’icônes fragiles de pouvoirs révolus ou de rêves petits bourgeois enluminant les « Happy Christmas » de Los Angelès, Laure Vasconi poursuit son travail de décryptage, son errance décodeuse d’écrans, de bars, de nuit, de solitude, de rencontres, de « souvenirs du futur » ou d’espoirs du passé, entre projet et projections, dans des « cinémas en ville » ou des « fictions intimes ». Elle dit d’une écriture tremblée la singularité et la fraternité d’un regard toujours en éveil courant et parcourant. Il ne peut pas y avoir de relâche. Y aura-t-il jamais un point fixe ? François Barré