5 septembre - 27 septembre 2015 : Aurore BAGARRY, Isabelle GIOVACCHINI, Catherine NOURY ''Quand fond la neige, où va le blanc ?''


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Aurore Bagarry Glaciers

Isabelle Giovacchini Quand fond la neige

Catherine Noury Déplacement de paysage

Plateau du Trient : Vue prise de la cabane du Trient
​© Aurore Bagarry courtesy galerie Sit Down

Quand fond la neige 1 (Etudes), 2014
© Isabelle Giovacchini courtesy galerie Sit Down

Déplacement de paysage (Détails)
© Catherine Noury courtesy galerie Sit Down

elle fonderait
dans ma main –
un peu de neige salie

Bernhard Günter, 1993


Par des sentes distinctes, tant conceptuelles, méthodologiques que formelles, à l’intérieur même du médium photographique, trois artistes, Aurore Bagarry, Isabelle Giovacchini et Catherine Noury, s’emparent de paysages. Plus précisément, chacune à sa manière nous parle de leur impermanence.

En tant que points de vue sur un espace projectif, sujets de représentation traversant l’histoire de l’art, mais aussi authentiques enjeux écologiques, les paysages ici réunis ont ceci de singulier qu’ils se manifestent dans un mouvement de retrait, d’engloutissement et d’effacement.

Une question faisant dialoguer les œuvres de Quand fond la neige, où va le blanc ? pourrait être : quelles réponses formelles à la mise en mouvement de la mécanique du temps dans la représentation de topoi, dont la disparition, faut-il le préciser, n’est pas l’inquiétant terme annoncé mais bien l’assomption première, qui les met en récit ?

Car ces paysages labiles – glaciaire, insulaire et lacustre – sont aussi des narrations. Des histoires de traces, d’absences et de béances, placées sous le signe du blanc qui œuvre ici comme force de révélation et de surgissement. Aurore Bagarry présente ainsi des montagnes alpines mises à nu, venant magnifier la pâleur de glaciers épuisés, lichens géants accrochés aux flancs rocheux de leur mère. Avec Catherine Noury, un bloc de glace en fonte, gorgé d’encre de Chine, ceint progressivement une céramique et révèle sa blancheur dans une nappe étale et liquide, telle une île engluée dans une marée noire. Les lacs fantômes d’Isabelle Giovacchini, littéralement effacés, nous fixent quant à eux comme les yeux vides de paysages minéraux, et viennent trahir le blanc du papier photographique.

Maxime Guitton
Critique d’art