10 novembre - 20 décembre 2015 : Tom WOOD ''Cynefin, les paysages gallois''

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“Tom Wood est l’un des photographes les plus délicats d’aujourd’hui, tous genres confondus“
Richard B. Woodward, The Wall Street Journal, 14 juin 2013

Tom Wood : à l’affût du paysage

Après 30 ans passés à documenter l’Angleterre urbaine de Liverpool et du Merseyside, le maître de la photographie d’outre-Manche se tourne vers le temps suspendu des paysages du Pays de Galles, où il vit désormais. La galerie Sit Down présente jusqu’au 20 décembre 2015 quelques images de sa série Cynefin, “ce lieu familier“.

Comme un battement de paupière, Tom Wood ne s’arrête jamais de photographier. Ce jour-là, vous ne le connaissez pas, vous ne l’avez pas encore remarqué, qu’il vous photographie déjà depuis un moment, avec ceux qui vous entourent. Lorsque, entre deux rafales d’images qu’il saisit sans en avoir l’air – le bras levé, l’œil vérifiant rapidement l’écran de son appareil – vous surprenez son regard, il bredouille quelques mots et vous fixe en souriant. Comme si ce sourire énigmatique, mi-poli mi-espiègle, était la meilleure réponse à la question “pourquoi photographier ?“

Se fondre dans son environnement pour mieux le capter. Le principe est celui de la street photography. Aller chercher, si possible tout près, et ordonner dans le cadre ce que le hasard vous met sous le nez. Chez Tom Wood, à la différence d’autres, l’approche ne s’embarrasse pas d’économie de déclenchement : la bonne image surgit du multiple. Pas seulement pour pallier les aléas mais aussi pour s’oublier soi-même : “La seule manière de prendre de bonnes photos, dit-il, c’est de perdre conscience de ce que l’on fait, de s’oublier“

Cette soif d’images, New Brighton et le Merseyside (Liverpool) s’en souviennent tant, à partir de 1978, Tom Wood en a arpenté les rues, épuisé les lignes de bus ou fait la fermeture des pubs les samedi soirs, en quête de la moindre étrangeté. En noir et blanc, mais aussi en couleur dont il se révèle très tôt, comme Martin Paar, l’un des plus fervents convertis. Il amasse de cette observation assidue un impressionnant corpus de scènes de genre du monde contemporain, de natures mortes ou de personnages isolés dans leur intimité sur fond de jungle urbaine de l’Angleterre thatchérienne, puis fin de siècle. Il gagne un surnom, forgé auprès des gosses de la rue : “Photieman“. Le type à l’appareil.

En déménageant en 2003 dans le verdoyant Pays de Galles, il voulait changer d’air, fuir l’âpreté de la ville et se poser la “question du paysage“. Dans cette région isolée, située à une heure de route de Liverpool, c’est à pied, à vélo ou grâce aux rares bus - faute de permis de conduire - qu’il part chaque jour explorer la campagne, posant son trépied parmi les événements de la vie agricole, les bâtiments laissés à l’oubli, les paysages nus. Il livre de ce pays un portrait noueux où, en dehors de rares groupes de touristes croisés au détour d’un panorama, les hommes ont presque disparu ; où les bêtes peuplent le bocage. Le photographe semble à l’aise, comme l’indique le titre qu’il choisit pour cette série : “Cynefin“, une expression galloise qui renvoie à la familiarité que l’on éprouve face à un endroit, l’évidence de se retrouver en territoire ami.

Cet environnement suscite un formalisme inédit, obtenu à l’aide d’un vieil appareil panoramique argentique “Noblex“ qu’il utilisait jusqu’alors occasionnellement. Le paysage se tord, s’étire. Les arbres majestueux y déploient leurs branches interminables sous lesquelles, comme des vestiges archéologiques, dorment des engins agricoles, les intérieurs des fermes semblent de guingois, les moutons indifférents. Parfois, sous l’effet de quelque illusion d’optique offerte par le paysage, l’espace parait se resserrer à la manière d’un objectif “fisheye“. L’œil du photographe. Comme pour rappeler que quelque soit l’environnement où ils évoluent, Tom Wood et sa curiosité restent à l’affût. 


Amaury Chardeau



Parralèlement, découvrez les paysages irlandais de Tom Wood du 13 novembre au 10 janvier 2015
au Centre Culturel Irlandais 
5, rue des Irlandais - 75005 Paris

 - Une rétrospective de l’oeuvre deTom Wood en Irlande, réalisée entre 1973 et 2003

La série “Men and Women“ sera présentée dans le cadre de la foire What’s up Photo Doc du 12 au 15 novembre 2015 à la Bellevilloise à Paris.



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Gruff, tenant farmer since 1942  overlooking Dolmelynllyn, 2011 © Tom Wood courtesy galerie Sit Down

“Tom Wood is one of the most thoughtful photographers working today, in any style”
Richard B. Woodward, Wall Street Journal, 14 June 2013


Tom Wood : on the lookout for landscape


After 30 years spent photographing the streets of Liverpool and Merseyside, the Irish master turns his attention to the stillness of North Wales, his home for the past twelve years. Until 20 December 2015, the Galerie Sit Down is exhibiting several images from his series Cynefin. A Welsh word commonly translated as “habitat” or “place”, it can be used to describe an environment where a person feels they instinctively belong, as well as a knowledge and sense of place that is passed down through the generations.

Tom Wood photographs constantly, like the blinking of an eye. You’ve never met him before. But on this particular day, he’s been photographing you and your entourage for some time. When you finally do catch his eye, his arm is raised and he’s checking the screen between two sets of images he’s snapped unassumingly. He mutters a few words and grins. It’s as though this enigmatic smile, somewhere between politeness and mischief,
is his answer to the question: “Why are you photographing ?”

The principle of street photography is to blend into one’s environment so as to better capture it. To try to take what chance puts right under your nose and arrange it within the frame. Unlike many of his colleagues, Tom Wood’s approach doesn’t concern itself with limiting the number of exposures: the right image emerges from the multitude. This helps him allow for for unexpected surprises, but also to forget himself : “The only way of taking good photographs is to lose consciousness of what you’re doing, to forget oneself.”

Many in New Brighton and Merseyside (Liverpool) will recall his avid image-making. Starting in 1978, Tom Wood walked the length and breadth of the streets, taking every bus, waiting for the pubs to close on Saturday nights, looking for anything out of the ordinary. He would shoot in black and white, but also in color, which he and his friend Martin Parr were early and keen advocates of. Through his diligent work, he collected an impressive body of contemporary scenes, stilllifes and intimate portraits of isolated characters against the urban backdrop of Thatcher’s and fin-de-siècle England. From street kids, he earned the nickname: “Photieman” that is, the guy who takes the “photies“ (Liverpool ‘scouse’ slang for photographs). He had been escaping the city to nearby North Wales on day excursions for many years, continuing an exploration of landscape begun in his homeland in the West of Ireland in the 1970s.

In 2003 he moved to verdant Wales. He wanted a change of scenery, to get away from the brutality of city life, and concentrate fulltime on what he termed “the matter of landscape”. Though only an hour’s drive from Liverpool, Wood doesn’t have a driver’s license. Instead, he explored the countryside on foot, by bike, or on one of the rare buses serving the region. He would set up his tripod amidst agricultural activities, abandoned buildings and barren landscapes. He paints the rugged portrait of a country where, aside from the occasional group of tourists, human beings have virtually vanished; but in whose woods animals thrive. The photographer seems at home here, as the title he chose for this series suggests. “Cynefin”, a Welsh expression which refers to the familiarity one feels about a place.

A new kind of formalism emerges from this environment, obtained with an old “Noblex” film camera which he had rarely used before. It warps and elongates the landscapes. Farm machinery lays like archeological ruins at the feet of majestic trees, spreading their endless branches. The interiors of the farms seem lopsided. Only the sheep appear indifferent. Sometimes, under the optical effects created by the landscape, the space seems squeezed as though by a fisheye lens. Or perhaps the photographer’s eye. As if to recall that Tom Wood and his curiosity are always on the lookout, wherever they may be.


Amaury Chardeau


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