1er avril - 30 avril 2017 : Jean-Gabriel LOPEZ ''Héliographies'' dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris 2017

Week-end intense 22 et 23 avril 2017. Rendez-vous : Bastion de l'Orangerie à Meudon
samedi 22 avril à 15h : rencontre avec Dominique PROUST (astro physicien à l'Observatoire de Paris-Meudon), Charles TIJUS (directeur du L.U.T.I.N et professeur de psychologie cognitive à l'université de Paris 8) et Jean-Gabriel LOPEZ.
dimanche 13 avril à 13h : picnic dans le parc de l'Orangerie suivie d'une visite commentée de l'exposition par Jean-Gabriel LOPEZ
Service de bus gratuits. Voir la fiche horaire en cliquant ici

Héliographies*

Bastion de l’Orangerie du domaine royal de Meudon

Rampe de Trivaux

6ter avenue de Trivaux

92190 Meudon

Exposition du 1er  au 30 avril 2017

Horaires d’ouverture de l’exposition :

- samedi de 14h à 18h

- dimanche de 11h à 18h

du lundi au vendredi : sur rendez-vous. Contacter Mme Launay au 01 49 66 68 88

L’héliographie est le nom du procédé pré-photographique mis au point par Nicéphore Nièpce en 1825 permettant d’enregistrer l’action de la lumière sur une plaque. En termes d’astronomie, il signifie aussi la description du soleil.


Le soleil est l’unique étoile qui ne peut être photographiée qu’en plein jour depuis la terre.

Ces héliographies sont ici des photographies astronomiques du soleil prises à l’aide d’un appareil photographique constitué d’un simple trou et qu’on appelle sténopé.

De part l’alignement de l’étoile avec le trou du sténopé et la surface sensible, ces photographies se jouent de nous : elles nous renvoient en toute objectivité une image éblouissante, très attendue mais hautement improbable du soleil. Les “soleils “ sont identiques d’une image à l’autre puisque les rayons sont occasionnés par la diffraction du trou et sont l’image de la photographie.

Afin de rendre compte de ce travail une dizaine de tirages grands formats (tirages chromogènes) de 120 cm par 95 cm seront exposés dans le Bastion de l’Orangerie à Meudon, bâtiment qui fait face au célèbre Observatoire.

Par son emplacement sur les vestiges du Château-Vieux acquis par le roi Soleil, face à l’Observatoire et à la tour solaire de Meudon, le Bastion est un lieu idéal pour exposer les héliographies solaires de Jean-Gabriel Lopez.

Depuis la terrasse des jardins de l’Observatoire aménagés par Le Nôtre, les visiteurs pourront en outre, apprécier une vue imprenable sur la capitale qui donne tout son sens au “Grand Paris“.

En parallèle de cette exposition, des tirages de dimensions plus réduites seront présentés à la galerie Sit Down.


l’héliotropisme de Jean-Gabriel Lopez : le soleil en lui-même, la photographie en elle-même


Charles Tijus

Directeur du laboratoire Cognitions Humaine et Artificielle

Nuit comme jour, le soleil est là. Par sa lumière blanche[1], il nous permet la vie et la vision. La vie par sa lumière directe. La vision par sa lumière indirecte : sa réflexion sur les choses qui sont là, quand nous y sommes aussi avec lui. Une réflexion de la lumière, décomposée par la surface des choses et projetée sur notre rétine en différentes longueurs d’onde, - celles de l’arc-en-ciel[2]-, pour voir les choses réfléchies et avoir alors matière à penser, matière à agir. Tout cela par sa lumière.

Un soleil qui est même là quand il n’est pas. Alors qu’en innovant, nous nous sommes donné d’autres sources lumineuses que sont le feu et la fée électricité, nous sommes demeurés toujours façonnés par le soleil : toute lumière nous semble venir d’en haut, comme du soleil[3].

Un soleil à ne pas regarder de face, à l’œil nu, au risque de la rétine et de la cornée et plus encore avec des optiques grossissantes.

Tout ceci est dit pour comprendre que, façonnés par le soleil, nous ne pouvons voir ce qui nous permet de voir. Ce serait voir la lumière de la lumière ! On ne peut.

Ne pouvant représenter le soleil en dehors de lui-même, il y a d’évidence une intention prométhéenne à vouloir le photographier, surtout en étant de bonne foi. A vouloir nous faire voir ce qui nous permet de voir, Jean-Gabriel Lopez cherche l’origine du regard par le tout petit trou du sténopé[4].

Pourtant, dans les héliographies de Jean-Gabriel Lopez, le soleil est bien là, C’est ce que le sténopé nous en donne : l’image de ce qu’est la photographie. Des traces de soleil.



[1] Une couleur blanche tirant sur le jaune

[2] Pour les choses qui ne sont pas elles-mêmes des sources primaires de lumière, nous en voyons la couleur, - du bleu, du rouge... - , d’abord parce que les couleurs perçues sont parties de la lumière qui les éclaire et parce que la surface de ces choses n’a pas absorbé leurs longueurs d’onde, les rejetant en les réfléchissant.

[3] Pour percevoir visuellement les choses, nous percevons leur relief et nous construisons le relief à partir des ombres portées. Ce sont ces ombres nous font décider entre concavité et convexité. Notre système visuel et cognitif nous fait toujours interpréter le contenu de la scène visuelle concavité et convexité à partir d’un héliotropisme cognitif : le présupposé que la source lumineuse vient d’en haut ; celle du soleil.

[4] Du grec στενός: étroit, court.

Le lieu

L’Orangerie, le Bastion et la loggia sont les derniers vestiges du château vieux du domaine royal de Meudon datant du XVIIe siècle. Ce site est aujourd’hui l’un des fleurons du patrimoine culturel de Meudon.

L’Orangerie est l’une des dernières encore utilisées comme telle en Île-de-France. D’octobre à mai, les -orangers des domaines de Meudon, de Saint-Cloud et des Tuileries y passent l’hiver.

Sublime vu de l’extérieur, ce bâtiment emblématique de 48 mètres de long remplit désormais les conditions pour accueillir concerts et expositions. Les voûtes et l’éclairage naturel des huit fenêtres et de la porte vitrée monumentales donnent au lieu une ambiance inédite.

La galerie du Bastion, attenante à l’Orangerie, de 180 m2 est dédiée principalement à des expositions. Elle fait directement face au célèbre Observatoire de Meudon, qui n’est malheureusement pas accessible au public.