6 septembre - 27 septembre 2008 : Catherine NOURY ''L'éternelle fiancée''
5 septembre - 27 septembre 2015 : Aurore BAGARRY, Isabelle GIOVACCHINI, Catherine NOURY ''Quand fond la neige, où va le blanc ?''
10 mai - 28 juin 2012 : Catherine NOURY ''Histoires naturelles''
15 mars - 5 mai 2012 : sur une proposition de Christine BLANCHET ''A quoi rêvent-ils? ''
6 septembre - 27 septembre 2008 : Catherine NOURY ''L'éternelle fiancée''

Les robes de Catherine Noury parlent de tous ces vêtements mythiques voire magiques qui parcourent nos récits (mythes, fables, contes, légendes) : de la toison d’or à la robe de fée, des bottes (du chat) au masque de Zorro, aux vêtements de ciel de Peau d’âne, etc... Elles parlent également du carnaval, des déguisements, des travestissements qui sont des manières de changer de rôle, d’identité, d’échapper aux normes sociales le temps d’une fête ou d’une nuit. Changer de vêtement peut permettre de changer de peau, de se dérober à « son destin », de devenir autre (voir Cendrillon). Leurs pouvoirs, leurs attributions, les métamorphoses qu’elles provoquent nous font rêver. De petites tailles, elles évoquent les objets de rituels religieux ou païens (la panoplie du chaman, du sorcier ou de la fée), mais aussi la collection de vêtements de poupée que beaucoup d’entre nous avons possédée (voir fabriquée) ; comme des papillons épinglés sur une planche, elles font penser au fameux texte de Walter Benjamin. Elles sont un peu comme le constat d’une recherche, d’un être aux aguets qui a capturé de petites merveilles, des élégances fragiles et volatiles encadrées et exposées. Calme, beauté, rêves, rêveries, fantasmes, mais aussi blessures, cicatrices, fissures, traces des états de soi, d’une identité faite d’un passé et d’expériences complexes, contradictoires voire paradoxales. Ces vêtements ont différentes destinations. Ils construisent un territoire, un monde imaginaire et sont des invitations à produire de micro-récits. Chaque série montre le divers, le devenir, l’impermanence, de nos états, la transformation constante de l’identité. Elles traduisent et infusent la complexité de nos singularités, de nos impressions, sentiments, affects , situations, postures et tropismes. Elles esquissent une identité toujours modulable, temporaire voire éphémère.

Emmanuelle Chérel, historienne d’art Extraits d’entretiens - Janvier 2008