7 novembre - 19 décembre 2008 : Robert McCABE ''Grèce, les années d'innocence''
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7 novembre - 19 décembre 2008 : Robert McCABE ''Grèce, les années d'innocence''


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Vue de l'exposition "Grèce, les années d'innoncence" de Robert McCabe

Vue de l'exposition "Grèce, les années d'innoncence" de Robert McCabe

Vue de l'exposition "Grèce, les années d'innoncence" de Robert McCabe

Exposition présentée dans le cadre du Mois de la Photo à Paris 2008

Cette exposition est une invitation à découvrir un photographe dont le nom est pour ainsi dire inconnu en France. C’est en effet la première fois que Robert McCabe expose à Paris. Alors qu’il a montré à plusieurs reprises ses photographies en Grèce, où il réside aujourd’hui une partie de son temps et où il a déjà édité deux livres sur ce pays. Les images qu’il dévoile ont pour la plupart été réalisées dans les années cinquante. Elles sont longtemps restées dans ses tiroirs, car cet amateur de talent a exercé un autre métier que celui de la photographie. L’exposition révèle une oeuvre qui n’a rien d’avant-gardiste, ne revendique aucune démarche originale. Elle est simplement proche de son sujet, adhère aux plaisirs et aux émotions éprouvés par son auteur, ce qui la rend sincère et par conséquent attachante. Elle appartient tout entière, à travers la réalité qu’elle décrit et dans sa forme, aux années cinquante. Il faut la considérer dans son rapport à cette époque, ayant entre autres pour modèle Willy Ronis, un photographe que Robert McCabe admire particulièrement. Les images subliment ce berceau de la culture occidentale qu’est la Grèce, exaltent ses valeurs et ses traditions.

L’intérêt documentaire du travail de Robert McCabe, dont l'appréciation est évidemment liée à un fort sentiment de nostalgie, est indéniable : dans leur généreux format carré, les photographies fourmillent de détails et révèlent un pays qui revêt alors un caractère extrêmement rural, une Grèce antique qui n'a pas encore été livrée au tourisme de masse. Robert McCabe y croise une société souvent pauvre, mais toujours digne. Il nous montre un Parthénon qui n’est pas ceinturé, comme il l’est aujourd’hui, par la ville. Athènes respire, ainsi que les grands sites du pays qui sont surveillés par quelques gardiens distraits. Le photographe y croise des archéologues opérant avec des moyens qui semblent maintenant plutôt rudimentaires. Quant aux paysages, ils sont ici livrés dans toute leur pureté. L’horizon marin et la lumière n’ont nulle part ailleurs d’équivalent et la représentation qu’en donne Robert McCabe, dans un noir et blanc précis et nuancé, souligne un peu plus encore leurs propriétés visuelles si exceptionnelles.

Ce voyage photographique traduit l’enthousiasme, le bonheur de la découverte ; bonheur précieux, dont on a le sentiment qu’il n’est alors partagé qu’avec seulement quelques-uns.

Gabriel Bauret