Blousons noirs

Avec les années cinquante, Paris et sa banlieue voient apparaître les “Blousons noirs“*, les mauvais garçons se réunissent en bande au son du Rock’n’roll qui débarque en France avec les 45 tours. Cette jeunesse a les yeux tournés vers les Etats-Unis. Leur devise : “vivre vite, mourir jeune, faire un beau cadavre“, un style rockabilly-bikers qui fera peur aux français jusque dans les années soixante-dix.

Yan Morvan livre avec ce travail initial une œuvre documentaire, un témoignage dont il est le premier à révéler un aspect de la société française en marge.

Reconnu par le milieu journalistique pour son audace et son indépendance, il a choisi de photographier cette jeunesse au plus près de la réalité. Sans prise de position ou de jugement. Une immersion qui se fait au fil des rencontres du photographe qui n’hésite pas non plus à se mettre en danger, captant ainsi les tensions et les rivalités qui s’exercent au sein des bandes. Avec ces documents rares, la série “Bousons noirs“ reste un témoignage sociologique de référence.

Gangs

“Gangs“ c’est le récit ethnographique de ces bandes qui sévissent à Paris et en banlieues depuis les années 1970. Menant une véritable investigation sur le terrain, Yan Morvan s’y est infiltré durant près de quarante ans. Ces images sont le récit d’une histoire commune, celle de l’évolution d’une jeunesse dans un microcosme régi par des codes et des lois bien particulières. Des blousons noirs rockers des années 1970 aux Blacks Dragoons des années 2000 ce sont de véritables contre-sociétés où l’on se retrouve et s’exprime pour y trouver une place, un statut et une reconnaissance. L’évolution de ces gangs est aussi liée aux phénomènes culturels : le rock et le punk des années 1970 et 1980 feront place dans les années 1990 aux cultures hip-hop et rap héritées des États-Unis.

Expositions

2016

Blousons noirs

Galerie Huit, Arles

04.07.2016 – 23.07.2016

2014

Gangs

galerie SIT DOWN

25.01.2014 – 22.02.2014

Biographie

Yan Morvan est né à Paris en 1954. Après des études de mathématiques puis de cinéma, il effectue des reportages sur les Hells Angels de Paris, puis, sur les prostituées de Bangkok. En 1974, il publie sa première photographie dans le quotidien Libération. Jusqu’en 1976, il collabore à l’agence Fotolib de Libération, puis à l’agence Norma. La même année, paraît son premier livre sur les rockeurs, Le Cuir et le Baston (prémices d’un travail sur les gangs qui durera vingt ans). Ensuite, il intègre l’équipe de Paris Match, puis celle du Figaro Magazine jusqu’en 1980.

De 1980 à 1988, il rejoint l’agence Sipa et devient correspondant permanent de l’hebdomadaire américain Newsweek, pour lequel il couvre les principaux conflits : Iran-Irak, Liban, Irlande du Nord, Philippines, Chute du mur de Berlin, Rwanda, Kosovo… et même le mariage de Lady Di dont sa photo fera le tour du monde. Photographe indépendant depuis 1988, reconnu comme l’un des plus grands spécialistes de la photo de guerre, il collabore régulièrement avec la plupart des grandes publications internationales.

Ses reportages de guerre lui vaudront le prix Robert-Capa (pour son travail au Liban en 1983) deux prix du World Press Photo et de nombreuses récompenses décernées par les écoles de journalisme américaines.

Mettant sa notoriété et son expérience au service des jeunes photographes, il est successivement formateur à l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles (ENSP), et au Centre de Formation des Journalistes (CFJ). En l’an 2000, sa série de portraits de jeunes victimes de la route, fruit d’une commande pour le FNAC (Fonds National d’Art Contemporain), a été exposée au festival international de photojournalisme Visa pour l’image. Depuis 2004, il enchaîne les reportages sur des sujets de fond : les banlieues et les victimes de guerre ou de la route.

Yan Morvan est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands photojournalistes français. Ses nombreux scoops lui vaudront une reconnaissance et une notoriété internationale, mais également beaucoup d’ennuis : au Liban, il sera condamné à mort à deux reprises, y réchappant toujours de façon miraculeuse. En France, son travail pour Libération ou Paris-Match sur les gangs lui vaudra d’être pris en otage et torturé pendant trois semaines par le serial killer Guy Georges. (Gangs Story, publié aux éditions de la Manufacture retrace l’histoire des gangs des années 70 à nos jours.

Bibliographie

Bibliographie

- Yan Morvan, Aurélie Taupin, Reporter de guerres, Editions Lamartinière, 2012

- Yan Morvan, Kizo, Gangs Story, La Manufacture de livres, 2012

- Yan Morvan, Photojournalisme, Victoires Editions, 2008

- Jean-Marc Barbieux, Sylvie Huet, Yan Morvan, BodMod, Marval, 2003

- Yan Morvan, Photojournalisme, CFPJ, Victoires Editions, 2000

- Jean-Marc Barbieux, Yan Morvan, Gang, Marval, 2000

- Jean-Marc Barbieux, Yan Morvan, Mondosex, Petit catalogue raisonné des comportements sexuels à l'aube du XXIe siècle, Contrejour, 1995

- Yan Morvan, Patrick Frilet, Photojournalisme, Le Guide, CFD, 1995

- Yan Morvan, Le photojournalisme, Contrejour, 1994

- Maurice Lemoine, Yan Morvan, Le Cuir et le Baston, Ailleurs, 1976

Presse

2014 

           Les Inrockuptibles, 07/02/14 “Yan Morvan” 

           Street-tease, 06/02/14 “Gangs story : les clichés de Yan Morvan exposés à la galerie Sit Down” 

           Libération, 12/02/14 “Gangs story” 

           Modzik, 15/02/14 “Qui a déjà vu un Bad Boy sans son bomber ?” 

           The teenage kicks preservation society, 15/02/14 “Yan Morvan : Gangs, @ Galerie SIT DOWN, Paris” 

           Libération, 12/02/14 “Yan Morvan, bandes toujours” 

           Les Inrock Style,14/02/14 “Yan Morvan, photographe de gangs : « Ils se battaient à coups de chaîne pour s’affirmer en tant qu’hommes » 

           Vice France  “YAN MORVAN – « Gangs » // Galerie SIT DOWN // Du 25 janvier au 22 février”

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