Costanza GASTALDI

LOTO NERO, L’œuvre
« Avec cette œuvre, vous pénétrez en pleine terre du milieu, un monde imaginaire digne des plus folles imaginations de Tolkien, l’immersion est totale. Rien de fantastique pourtant, vous êtes propulsé dans les montagnes de Huangshan, au cœur des provinces de l’Est de la Chine. » cit. Art in the City
Avec sa série Lotus Noir – Loto Nero – Costanza Gastaldi nous plonge dans ses errances photographiques, une recherche existentielle et introspective face à l’énigme de la mort et au sentiment de mélancolie qu’elle suscite. Cette œuvre est également une ode à la vie. En effet, la fleur de « lotus » est associée, depuis l’Egypte ancienne, à la renaissance et l’espoir : chaque nuit, elle laisse tomber ses pétales pour, au lever du jour, s’entrouvrir à la lumière avec une nouvelle couronne.
Des thèmes universels qui attirent irrésistiblement le spectateur, fasciné par ces mondes presque surréels, se rapprochant tantôt de la gravure, tantôt de la peinture, si loin de l’imagerie populaire du cliché documentaire. Une invitation au voyage sentimentale mais également à s’interroger sur le potentiel infini du médium photographique.

LOTO NERO, La technique
Pour l’artiste, Costanza Gastaldi, le choix du support matériel ainsi que de la technique constituent un tout important et indissociable de l’œuvre.
Pour Lotus Noir le choix a été celui de l’héliogravure au grain : c’est un procédé fascinant du XIXe siècle qui permet le transfert d’une image photographique sur une plaque en cuivre par l’intermédiaire de gélatine photosensible. Ses qualités plastiques proviennent de la capacité de traduire avec subtilité les nuances de gris du cliché original par l’intermédiaire d’un grain extrêmement fin. Les noirs acquièrent également une profondeur inégalable grâce à l’épaisseur des encres, ce qui offre en plus aux tirages le sens du toucher.
Cette technique apporte une dimension supplémentaire à l’œuvre : elle prolonge et décuple mon geste créatif par son côté manuel et en partie soumis aux aléas du temps : humidité, température etc… L’héliogravure constitue un procédé d’interprétation dont le résultat permet de voir renaître une deuxième fois l’ œuvre.
Grâce à ses composants (papier au Ph neutre, pigments minéraux, huile de lin), il s’agit d’un procédé très stable, ce qui rend l’œuvre pérenne : élément très important pour la collectionnée dans le temps.
Enfin, c’est un procédé rare et symbolique de l’histoire de la Photographie et de ses acteurs majeurs.

Née en 1993 en Italie, l’artiste photographe Costanza Gastaldi  vit et travaille à Paris. Son travail sur le paysage évoque la puissance et la grandeur de la nature tout en soulignant sa dimension spirituelle. Diplômée de l’École des Gobelins et de l’Université de la Sorbonne, son travail a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles et collectives. Sa série Loto Nero fera l’objet en novembre prochain d’une monographie publiée par Atelier EXB / Éditions Xavier Barral.

2018
Les coups de coeurs #192, Fisheye Magazine