Géraldine LAY

Chêne-pointu, Clichy-sous-bois

Depuis 2004, un énorme plan de rénovation urbaine transforme le quartier du Chêne-Pointu à Clichy-sous-Bois, avec la démolition progressive de plus de 1.200 logements. Pendant 3 ans, Géraldine Lay a photographié les habitants de ce quartier dans le cadre du projet Mémoires, sous la direction d’Éric Reinhardt.

Far East

Le temps de quatre automnes, Géraldine Lay a photographié le Japon. Chaque année, elle y a retrouvé la même lumière blanche qui fait éclater les couleurs. Circulant en train d’un point à un autre, elle s’est éloignée peu à peu des grandes villes, partie à la rencontre d’un quotidien moins spectaculaire, plus rugueux peut-être, et en quête d’une nouvelle matière, au sens propre comme au figuré.

North End

“Les histoires sont tout. Elles sont absolument tout.
Les histoires sont notre véritable sixième sens, notre manière
de voir et de comprendre le monde. Et notre façon de nous y faire une place. »
“Stories are everything. They are absolutely everything. Stories
are our real sixth sense. They are how we see and understand
the world. And they are how we place ourselves in it. »

Robert McLiam Wilson

Extrait de Je hais les photographes, North End, Ed. Actes Sud

Impromptus

Géraldine Lay construit une grammaire visuelle fondée sur l’observation patiente. Ses images ne recherchent pas l’extraordinaire : elles fouillent les zones de transition, ces espaces où les couleurs, les corps et les lieux cohabitent dans une fragile harmonie. La lumière, souvent douce et oblique, agit comme un révélateur de micro-événements : elle expose la poésie des détails, la présence inattendue d’une émotion dans un décor anodin. Les échos colorés disent la vie quotidienne avec grâce. Attentive aux ombres et aux reflets, elle capte des instants fugaces et des gestes ordinaires qui, par le détour du regard, semblent appartenir à un monde parallèle, entre rêve et réalité.

Failles ordinaires

Pour certains la photographie n’est qu’un outil d’enregistrement ; d’autres, comme Géraldine Lay, aiment la photographie et lui accordent la capacité de dépasser le simple fait d’enregistrer des fractions de temps. Elle perçoit la magie qui se faufile chaque fois qu’il y a photographie, comprend que l’arrêt, et la découpe du temps, restera à jamais une chose qui nous renvoie à la fragilité de notre existence et que, lorsque cet acte est réussi, il crée en nous des états d’âme.

 

Extrait de Les pannes du mouvement, Jacques Damez, Failles ordinaires, Actes Sud

Un mince vernis de réalité

Géraldine Lay construit une grammaire visuelle fondée sur l’observation patiente. Ses images ne recherchent pas l’extraordinaire : elles fouillent les zones de transition, ces espaces où les couleurs, les corps et les lieux cohabitent dans une fragile harmonie. La lumière, souvent douce et oblique, agit comme un révélateur de micro-événements : elle expose la poésie des détails, la présence inattendue d’une émotion dans un décor anodin. Les échos colorés disent la vie quotidienne avec grâce. Attentive aux ombres et aux reflets, elle capte des instants fugaces et des gestes ordinaires qui, par le détour du regard, semblent appartenir à un monde parallèle, entre rêve et réalité.

Expositions

2025

La lune sourit le jour

Galerie du Carré d’Art, Chartres-de-Bretagne

Far East

Artothèque Les Ars au mur, Pessac

2023

Far East

PARIS PHOTO, Grand Palais, Paris

2022

Le Japon en duo, Quatre automnes

Galerie Le Réverbère, Lyon

2017

North End

Espace Malraux, Joué-lès-Tours

2016

North End

Galerie Le Réverbère, Lyon

Biographie

Née en 1972 à Mâcon, Géraldine Lay vit et travaille à Arles. Diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie en 1997, elle développe depuis une pratique attentive aux situations ordinaires et aux récits discrets que l’on trouve dans le quotidien.

Son travail est exposé régulièrement en France et à l’international. Ses séries dont Un mince vernis de réalité, L’illusion du tranquille, Failles ordinaires, North End ou plus récemment Far East ont été présentées dans de nombreux lieux, parmi lesquels les Rencontres d’Arles, Le Château d’Eau (Toulouse), les Archives nationales, la BNF, ainsi que plusieurs festivals en Europe et en Asie. Pendant vingt ans, elle a été représentée par la Galerie Le Réverbère (Lyon).

En parallèle de sa pratique artistique, Géraldine Lay travaille aux Éditions Actes Sud, où elle est éditrice pour la photographie et l’art contemporain depuis 2019. Cette activité éditoriale s’articule avec sa démarche de photographe et contribue à nourrir un regard précis sur la construction des images et des ouvrages.

Elle mène régulièrement des résidences et des commandes sur des territoires variés Nantes, Céret, Montauban, Glasgow, Clichy-sous-Bois, entre autres et a obtenu plusieurs soutiens institutionnels, dont la bourse Hors les murs de l’Institut français et la bourse Ville de Lyon / Institut français pour un projet au Japon.

Plusieurs ouvrages accompagnent son travail : Far East (Poursuite, 2023), North End (Actes Sud, 2018), Impromptus (Poursuite, 2017), Failles ordinaires (Actes Sud, 2012) ou Où commence la scène (Diaphane, 2010). En 2025, elle publie La lune sourit le jour (Sur la crête) et participe à l’ouvrage collectif Les femmes photographes sont dangereuses (Flammarion).

Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques, dont la Maison Européenne de la Photographie, le FRAC Midi-Pyrénées, Le Château d’Eau et de nombreuses artothèques.