Avec Memoryscapes, Marilia Destot développe une œuvre singulière où se rencontrent mémoire, matière et paysage. Issue d’archives photographiques personnelles accumulées au fil de ses voyages, cette série se distingue par un processus de transformation radical : les tirages sont déchirés, fragmentés puis recomposés manuellement. Ce geste de destruction et de reconstruction constitue le cœur même de son langage plastique. Les déchirures, les superpositions et les cicatrices visibles ne relèvent pas d’un simple effet formel, mais deviennent les vecteurs d’une réflexion profonde sur le temps, la mémoire et la perception des lieux.
En s’éloignant de sa fonction documentaire traditionnelle, Marilia Destot transforme ses images en véritables objets, à la frontière entre photographie et collage. Ses compositions donnent naissance à des paysages mentaux, instables et poétiques, où différentes strates temporelles coexistent. L’image n’est plus une trace figée du réel, mais un espace de projection, en constante reconfiguration.













