Dans son travail, Florian Ruiz met à mal une forme de tyrannie du visible et, grâce à des superpositions d’images, obtient des vues paysagères faites de perspectives brisées et de palimpsestes visuels qui rejoignent les préceptes de l’esthétique extrême-orientale, où le visible est un état transitoire engendré par le fond indifférencié. Loin d’affaiblir le médium, ces pratiques hétérogènes permettent de vivifier notre lien avec le monde et ses réalités.

Héloïse Conésa (conservatrice du patrimoine responsable de la photographie contemporaine au département des estampes et de la photographie de la BnF).

Florian Ruiz présente Projet 596, un travail photographique réalisé de 2014 à 2019, au sein duquel l’ancien lac salé Lop Nor est au coeur de sa réflexion. Situé dans la province de Xinjiang au nord-est de la Chine, ce lac presque asséché aujourd’hui servit de site d’essais d’armes nucléaires de 1964 à 1996. Le premier essai de bombe nucléaire chinois en 1964 fut baptisé “Projet 596”. De nos jours, la région est encore très contaminée et la Chine a reconnu en 2008 l’existence de graves problèmes de santé parmi les civils et les militaires en raison d’une exposition aux radiations. Dans cette série, Florian Ruiz révèle la présence du danger de la radioactivité à l’aide d’un compteur geiger. Il désire montrer, par un processus numérique, une réalité modifiée par la présence invisible de la radioactivité. Ce processus réinvente et tord le paysage afin de révéler la présence du danger menaçant. Florian Ruiz réussit ici à sublimer la laideur de ces grands espaces, créant de sublimes paysages bleu-ciel.

Projet 596 est une série résolument représentative des atmosphères. Le photographe traduit un univers subjectif d’impressions: l’image est présente afin de traduire l’émotion, le sentiment qu’un paysage peut nous donner. Florian Ruiz nous montre des paysages résultant d’un monde chaotique et instable, tout en soulignant la permanence de la beauté.

Expositions

2018

La Contamination blanche

PARIS PHOTO

08.11.2018 – 11.11.2018

Biographie

Après des études de droit et d’histoire, Florian Ruiz développe une approche documentaire du monde social désespéré marqué par la désillusion. Il photographie l’intimité des chambres des prostituées au Pakistan, les lieux de démantèlement de navires au Bangladesh, il raconte l’histoire d’une ville minière mongole.
Installé depuis dix ans à Tokyo, marqué par le désastre de Fukushima, dans ses travaux récents, il cherche à interroger la Photographie en utilisant l’assemblage, le collage, la distorsion afin de mettre en image le danger invisible de la radioactivité. Son travail a fait l’objet de nombreuses publications (Le Monde Magazine, Magazine European Photography …) et a été récompensé par plusieurs prix: Sony World Photography, QPN Award, Bourse du Talent, Felix Schoeller …)

Prix

Lens Culture Art Photography Adward 2018 : prix spécial du jury
Sony World Photography Awards (for Creativity) 2018 : lauréat
Bourse du Talent 2017: ‘Coup de coeur’ of the jury (section paysage)
Felix Schoeller Photo Award 2017: nominé.
Fine Art Photographer of the year 2016
Bourse du Talent 2016: finaliste
Moscow Foto Awards 2016: mention honorable
Arpia prize 2016: nominé
QPN Award 2016: finaliste
Lens Culture Earth Awards 2015: finaliste
QPN Award 2015: finaliste
Arpia prize 2014: nominé
Sony World Photography Awards 2013: 2ème prix dans la catégorie “Conceptuel”
International Emerging Artist Award 2013: finaliste