“Sous la terre, sous les arbres, sous le pavé des trottoirs, des ruines de synagogues et des fosses pleines d’ossements. Ce qu’on voit en surface remplace ce qu’on ne peut plus voir. Une ville rendue à sa banalité. Les herbes ne sont plus calcinées et les balles ont disparu. Ici, tout me sépare de la profondeur des lieux. Des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes juifs conduits de force sur les collines de la ville pour y être abattus et entassés sur les corps nus de ceux qui les ont précédés, il ne reste quasiment aucune trace. Ni monument, ni repentir. Seule une pierre gravée et dressée au milieu des ronces, à l’abri des regards, échappe à l’effacement.”
Entre 2021 et 2024, Antoine Lecharny a entrepris un travail photographique consacré à la mémoire des fusillades massives des Juifs en Europe de l’Est et dans les pays Baltes. En l’absence d’importantes traces visibles de ces massacres, il a photographié des paysages retournés à une relative banalité qui dit l’oubli palpable de l’Histoire à l’œuvre.
















