Martine Schildge considère le paysage comme une expérience intérieure poétique. A partir d’une simple pierre trouvée, extirpée de son environnement, elle travaille le motif d’un geste répétitif, trace de nouvelles formes et les épuise jusqu’à l’abstraction. Avec le geste du dessin, elle enveloppe l’ombre et la lumière. Elle cherche le volume par l’intensité de la mine graphite, du fusain et du piquetage. Elle souligne leurs contours entre pleins et vides et les fait échapper à l’inertie et à la pesanteur pour rendre visible une plasticité de formes. 

“La pierre
Au début, c’est la rencontre d’une pierre oubliée au Japon, trouvée, choisie sentie, portée dans les mains. C’est découvrir sa matière et lire sa forme.
… je quitte l’univers du volume et cherche à traduire par le dessin l’idée “de pierre“. Elle échappe ainsi à la pesanteur et à son inertie. Je travaille le motif. Par mes dessins, je les fouille sans contrainte dans des carnets, comme un journal et une succession de pensées. J’utilise différents supports et toutes les possibilités qui surviennent. Le geste répétitif trace de nouvelles formes de matière et d’interprétation. Ces accumulations sont tendues jusqu’à l’abstraction. L’épuisement, l’étirement, la répétition des formes sont en perpétuel mouvement.
La composition est retravaillée, réduite au minimum. Le détail disparaît, laissant visible une plasticité de formes. Mon attention se porte sur l’idée de reflets, une double lecture qui entraine le regard dans une autre réalité.“

Martine Schildge

Rêver la pierre

Toucher l'éclat de l'ombre

Née en 1951, Martine Schildge vit et travaille à Paris.